Madame HISTORIETTE rassure Monsieur PLUME

  • Par nath7
  • Le 14/09/2019 à 17:24
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Un matin de septembre, Madame HISTORIETTE règle ses achats au légumier lorsqu’elle aperçoit Monsieur PLUME, la mine déconfite, sortant de l’unique Cabinet médical du village.

S’approchant de lui, elle l’interpelle :
- Bonjour Monsieur PLUME. Oh ! Vous n’avez pas l’air très en forme aujourd’hui.  Que se passe-t-il donc ?
- Bonjour Madame HISTORIETTE. Veuillez me pardonner, je ne vous avais pas vue. Effectivement, je ne suis pas très bien. Je sors de chez le docteur. Je souffre de « Leucosélophobie ».
- « Leucosélophobie », dites-vous ? Eh bien, soyez grandement rassuré : ce n’est pas une maladie, c’est une peur, la peur de la page blanche.
- Hum… c’est exactement ce qu’il m’a dit.
- A-t-il décomposé le mot pour vous expliquer sa signification ?
- Non.
- Voyez-vous, dans « Leucosélophobie », le préfixe Leuco, du grec ancien « Leukós », fait référence à ce qui est blanc. La particule Sélo désigne la page et pour finir, le suffixe Phobie, du grec ancien « Phóbos », désigne une peur démesurée.
- « Leuco-Sélo-Phobie » correspond donc en fait à « Blanc-Page-Peur » me lance-t-il en fronçant les sourcils.
- Oui, c’est bien cela. Les médicaments prescrits par votre médecin traiteront d’ailleurs les symptômes annexes comme des insomnies, des troubles gastro-intestinaux ou des angoisses.
 - Hum… il faut d’ailleurs que j’aille à la pharmacie porter mon ordonnance. Je n’ai pas trop envie d’avaler des comprimés… mais bon.
- Si vous ne faites pas une fixation sur cette peur, vous pourriez très bien vous en passer. C’est en effet cette fixation qui vous empêche de noircir votre page blanche.
- Je le conçois. Cela est néanmoins difficile.
- Vous écrivez. Il est normal que vous soyez de temps en temps en panne d’inspiration. Aérez-vous l’esprit, concentrez-vous sur l’instant présent ou sur les belles choses qui vous entourent. Vous verrez, les idées fourmilleront à nouveau dans votre tête.
- Si vous le dites Madame HISTORIETTE. Vous savez, je commence à écrire. Je ne suis pas un écrivain chevronné.
- Cela n’a aucun rapport avec l’expérience ! Des milliers d’écrivains, mondialement connus, vivent cet état à un moment de leur carrière. Détendez-vous. N’y pensez plus et votre plume noircira les pages sans vous en rendre compte.
- Merci de vos encouragements. C’est très gentil à vous. Je suis un peu rassuré et je vais suivre vos conseils.
- Vous y arriverez, j’en suis persuadée.
- Encore merci et à très bientôt Madame HISTORIETTE poursuit-il en s’éloignant tout guilleret.
- Au revoir Monsieur PLUME ! Je vous souhaite une belle journée ! A bientôt.

Quelques temps plus tard, Monsieur PLUME finissait d’écrire sa première « Nouvelle » en suivant simplement ce que Madame HISTORIETTE lui avait « prescrit » … euh… « indiqué » … SOURIRE…

 

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